Panamarenko dans la nacelle de The Aeromodeller lors de son vol d’essai à Balen, 1971

The Aeromodeller, Essai de vol à Balen, 1971
AEROMODELLER

Affiche de l’exposition Panamarenko, Otterlo, Rijksmuseum Kröller-Müller, 27 août – 16 octobre 1978
Dans un tract daté du 5 février 1970, Panamarenko annonce son ambition de « construire à ses propres frais un dirigeable plus léger que l’air ». Tout au long de cette année, il travaille à sa réalisation. A cette fin, il aménage à Anvers le centre culturel A 379089 en un atelier qu’il rebaptise « Antwerpse Luchtschipbouw ».
L’Aéromodeller, qui tient son nom d’une revue anglaise connue des amateurs de maquettes d’avions, se compose d’une cabine en osier (6x3x2 mètres) reliée par 52 cordons de Nylon à un ballon en PVC de 27 mètres de long et de 6 mètres de diamètre. L’appareil est construit de façon purement artisanale. Panamarenko réalise l’essentiel du travail avec quelques amis. Seule la nacelle, devant servir de train d’atterrissage, est constituée de petits panneaux de saule tressé par des vanniers professionnels. Ce matériau souple, léger et résistant permet d’amortir les chocs. L’ensemble est recouvert de peinture gris argenté.

The Aeromodeller, 1984, multiple, collection particulière
Le ballon, en forme de cigare, se compose d’une trentaine de morceaux de PVC., matière pouvant s’adapter au volume variable d’un gaz. Gonflé à l’hydrogène, il doit soulever l’appareil tandis que 4 moteurs orientables, posés sur le toit de la nacelle, permettent de propulser et de diriger l’aérostat sur le plan horizontal. Un sac de sable fixé à un bout de l’appareil assure l’équilibre au moment de l’atterrissage.
Même si l’essai de vol de son Aeromodeller échoue, de cette œuvre monumentale naîtra son engouement pour les machines volantes.
I.R.
 
A DESS(E)IN
« Chacun de mes dessins doit décrire un espoir de fonctionnement, une aventure. Un dessin, ça se vit. Il doit vivre en moi et par lui-même »
On compte principalement deux types de dessins dans l’œuvre de Panamarenko. Soit, il s’agit de projets, de plans élaborés en prévision de la construction d’un objet, soit, de multiples ou de variations sur le thème d’une œuvre déjà construite.
Les dessins peuvent être également de différentes natures : un brouillon de formules complexes et de calculs destiné à faire voler des soucoupes dans l’espace ; une maquette précise sur papier millimétré ; des projections de vol, de mise en situation réelle dans un élément particulier (l’espace, le ciel, l’eau…).
De même, le médium utilisé varie en fonction du type de dessin. On y retrouve des techniques aussi variées que celles du crayon gris ou de couleur, compas, bic, feutre, Tipp-Ex®, café, aquarelle, collages de papier, agrafes, tape…
Enfin, les dessins sont des œuvres en soi, au même titre que les objets qui en découlent.
Ils constituent le concept de l’oeuvre, l’idée voire l’idéal :
« Mes projets ne sont pas exactement l’idée, ni exactement le rêve. Il n’est pas question de faire un avion, mais de faire exactement ce qui serait idéal »
Si les machines de Panamarenko tentent de concrétiser cet idéal, on peut dire qu’inversement, dans certains de ses dessins, Panamarenko imagine la concrétisation du vol de ses machines.
Le papier reste alors le seul espace de vol possible.
G.B.