K2 (The 7000-Meter-High Flying Jungle and Mountain Machine), photomontage, 1992, multiple
RÊVE
« Le but le plus élevé que l’on puisse se donner est de trouver une manière de quitter la terre. »

Carpet (Tapis Volant), 1979, collage sur ofsett-litho, multiple
Chaussures magnétiques, vélo marin, avion-insecte, tapis volant, automobile aérienne ou vaisseau interplanétaire. Depuis presque quarante ans, l’œuvre de Panamarenko réveille en nous les rêves les plus fous. Ceux de l’enfance et des romans d’anticipation.
Ce bricoleur de génie explore la terre, la mer et surtout le ciel. Il rejoint ainsi le désir immémorial et universel de l’homme de s’élever dans les airs et de voyager dans l’espace. On pense évidemment au mythe d’Icare, à Léonard de Vinci, aux conquêtes de l’aviation et de l’aérospatiale. Mais il va plus loin, là où seul l’esprit peut aller. Panamarenko nous emmène sur les chemins d’une poésie vécue où l’invention et le rêve dominent. Une des meilleures façons de quitter la terre ne serait-elle pas de se construire un monde où tout est possible, où le réel et l’imaginaire se confondent ? Le monde de Panamarenko est de ceux-là. Il a ses propres règles.

Vliegpak 50 PK 20 kg, 1981, dessin
Si l’artiste s’appuie sur des théories scientifiques, c’est pour en inventer d’autres. Il soumet ainsi les sciences physiques au seul registre poétique.
Ensuite, vient la mise en pratique. Panamarenko ne se contente pas de dessiner un engin, il le fabrique. C’est toute une aventure ! Et si au bout du compte, « la machine fonctionne c’est un miracle mais elle sera encore plus parfaite si elle ne fonctionne pas ! Il n’est pas question de faire un avion mais de faire exactement ce qui serait idéal. Il faut réussir dans cette réalisation un concept de rêve ». La poésie s’infiltre dans les inventions de Panamarenko qui échappent ainsi à la nécessité de l’efficacité.
Cette façon d’être en apesanteur, d’échapper à la maîtrise, de cultiver le passage, l’entre-deux des choses, permet de se maintenir dans un perpétuel état de liberté et de curiosité.
C.C.